Pause littéraire

J’ai redécouvert le plaisir de lire. J’ai arrêté d’allumer la télévision pour rien. ça fait plaisir de prendre un bon bouquin et d’avoir en fond sonore une musique d’ambiance style Kings of Convenience ou Royksopp.

J’ai recommencé mes pauses littéraires avec un livre que m’a gentiment prêté un collègue de bureau. Ce livre est Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson.

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Voici le résumé du livre: Le jour de ses cent ans, alors que tous les notables de la ville l’attendent pour célébrer l’événement, Allan Karlsson s’échappe par la fenêtre de sa maison de retraite quelques minutes avant le début de la fête organisée en son honneur. Ses plus belles charentaises aux pieds, le vieillard se rend à la gare routière, où il dérobe une valise dans l’espoir qu’elle contienne une paire de chaussures. Mais le bagage recèle un bien plus précieux chargement, et voilà comment Allan se retrouve poursuivi par la police et par une bande de malfrats… Commence alors son incroyable cavale à travers la Suède, mais aussi, pour le lecteur, un étonnant voyage au coeur du XXe siècle, au fil des événements majeurs auxquels le centenaire Allan Karlsson, génie des explosifs, a été mêlé par une succession de hasards souvent indépendants de sa volonté.

Quand j’ai eu en main ledit ouvrage, j’étais un peu réticente parce que le titre du livre ne m’attirait pas trop.  Au final, le road-movie de ce centenaire est vraiment excellent. Je ne me suis pas ennuyée un instant à la lecture du livre, qui se lit assez vite. Il y a énormément de passages drôles et émouvants. L’écriture de l’auteur m’a fait penser un peu à Jonathan Coe.

Tout logiquement, j’ai lu un livre de Jonathan Coe: Testament à l’anglaise

Testament

Voici le résumé du livre:

Michael Owen, un jeune homme dépressif et agoraphobe, a été chargé par la vieille Tabitha Winshaw d’écrire la chronique de cette illustre famille. Cette dynastie se taille en effet la part du lion dans tous les domaines de la vie publique de l’Angleterre des années quatre-vingt, profitant sans vergogne de ses attributions et de ses relations…
Et si la tante Tabitha disait vrai ? Si les tragédies familiales jamais élucidées étaient en fait des crimes maquillés ? Par une nuit d’orage, alors que tous sont réunis au vieux manoir de Winshaw Towers, la vérité éclatera…
Un véritable tour de force littéraire, à la fois roman policier et cinglante satire politique de l’establishment.

Une chose est sûre: la famille Winshaw ne laisse pas indifférente le lecteur. D’une part, on essaie de comprendre l’impact de cette famille sur la société anglaise contemporaine. Tous les membres de cette famille occupent un poste à haute responsabilité dans la société publique anglaise que ce soit dans le domaine politique, économique, audiovisuel. D’autre part,  on essaie d’avoir un peu de sympathie pour cette famille mais, et c’est un avis personnel, on ressent plus du mépris à leur égard que de la sympathie. Du coup, la moindre once de remords ou d’humanité peut être perçue comme du véritable mépris.

Deux très bons livres que je vous conseille fortement.

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Kit d’affection

Nouvel article manga. Bon ce manga date d’au moins quatre ans (2008 en France) mais je l’adore. J’adore Mari OKAZAKI, la mangaka à l’origine de l’ouvrage. L’œuvre en dix volumes avec un onzième volume bonus, se nomme « Complément Affectif »

Elle est éditée par les éditions Akata/Delcourt.

Minami Fuji, jeune femme de vingt-sept ans, vit à Tokyo où elle exerce le métier de publicitaire. Ce métier est à la fois prenant et passionnant. Elle pense que tout lui est acquis jusqu’à sa séparation avec son fiancé de longue date, rencontré à l’université. Cette séparation bouleverse son équilibre.

Ce manga traite de sujets actuels et adultes comme l’accomplissement de soi, le sacrifice de sa vie personnelle au profit de sa carrière. Etant catalogué dans le domaine du Josei (manga  pour adulte), les sujets abordés y sont plus matures que les shojo (manga pour filles). L’auteure nous fait découvrir le monde de la publicité, domaine dans lequel elle a elle-même travaillé. On y découvre un monde assez machiste où la place de la femme est à définir. En effet, Fuji est obligée de se plier en quatre, quitte à se sacrifier, pour satisfaire un mécène de publicité. Elle ne compte plus les heures supplémentaires passées à l’agence pour boucler une campagne ainsi que les jours de congé sacrifiés. Elle est obligée d’inhiber sa timidité et de se montrer ferme pour imposer ses idées (ce qu’elle fera crescendo le long de ces dix volumes). Toutefois, elle n’oublie pas qu’elle est femme et que parfois la douceur permet de faire passer certaines décisions plus facilement.

Le dessin de Mari Okazaki contrebalance avec la dureté du domaine traité. En effet, ses coups de crayon sont assez aériens voire oniriques. Je mets une mention spéciale aux couvertures des volumes qui sont juste magnifiques et montrent le travail minutieux de la mangaka:

Le manga a eu un tel succès au Japon qu’une série TV a été crée et diffusée sur Fuji TV en tant que Drama. Pour ceux que ça intéresse, vous pouvez le trouver sous le titre de « Suppli » (nom original du manga au Japon).

Complément Affectif de Mari Okazaki, volumes 1 à 11.

Prix: env. 10,20€

Après la Mamie, je demande le Père

Nouvel article dans la catégorie Manga.

Cette fois-ci, je souhaite évoquer le premier  manga à succès de Yumi Umata  intitulé « Un Drôle de Père » .

Daikichi, japonais d’une trentaine d’années, célibataire et pas à l’aise avec les filles, décide de prendre sous son aile la petite Rin (sept ans) à la mort de son père. Le père de Rin n’est autre que le grand-père de Daikichi. Commence alors pour les deux protagonistes une aventure où chacun devra se dépasser pour cohabiter harmonieusement ensemble. Il y a beaucoup de passages humoristiques comme l’apprentissage de la paternité de Daikichi.
Ce manga apporte un œil nouveau sur la société japonaise. Depuis quelques années, on voit apparaître au Japon une nouvelle tendance: le père au foyer. Grande avancée dans une société aussi traditionnelle qu’est la société japonaise où on a plus l’habitude de voir la femme « aux fourneaux » (un peu comme dans toutes les sociétés asiatiques). Bon, Daikichi n’est pas totalement dévoué à rester enfermé chez lui à attendre le retour de Rin mais il n’hésite pas, afin de mener à bien l’éducation de sa « fille », à accepter un travail moins bien payé que son ancien travail pour avoir des horaires aménagés.

Bien qu’on s’attache aux personnages tels que Rin ou Koki, l’ami d’enfance de Rin qui apporte la touche comique du manga notamment avec ses relations avec Daikichi, le manga est un peu prévisible et la fin est un peu téléphonée. Sachant que pour l’instant neuf tomes sont parus, peut-être que le dixième apportera des réponses à ma frustration.

Toutefois, ce manga nous montre une belle tranche de vie de la société moderne japonaise où les mentalités commencent à changer, pour notre plus grand espoir.

Un drôle de Père, Yumi UMATA, 10 volumes (volume 1 à 9 parus). Editions Akata.

Prix: env. 10,20€.

Mamie sait faire un bon manga

Deuxième article qui portera cette fois-ci sur un manga.

Ce manga, une sacrée mamie, m’a énormément touché et je le conseille vivement.

Ce manga en onze volumes, est inspiré du roman autobiographique une enfance à la campagne de Yoshichi Shimada, comique japonais. Il en signe d’ailleurs le script et Saburô Ishikawa illustre les dessins.

Akihiro Tokunaga, japonais de sept ans, vit à Hiroshima avec sa mère et son frère. Son père étant décédé des suites de la bombe atomique, sa mère peine à faire vivre sa famille. Elle décide du jour au lendemain de l’envoyer vivre chez sa grand-mère dans la campagne de Saga. La rencontre ne se fait pas dans les meilleures conditions mais peu à peu, Akihiro apprend à apprécier cette mamie dont le leitmotiv est « Nous sommes pauvres dans la famille de génération en génération. »

Cette mamie, je crois qu’on rêverait tous d’avoir une mamie pareille !! A la fois ingénieuse, malicieuse et inventive. N’étant pas riche et l’époque rude n’aidant  pas, il arrive à notre pauvre héros de ne pas manger à sa faim certains soirs. La malicieuse mamie a donc un remède : la pêche aux légumes. Et parfois quand cette pêche s’avère infructueuse, elle lui dit d’imaginer des aliments et ainsi son appétit sera rassasié.

Akihiro se plaît à vivre avec sa mamie et ses nouveaux amis à l’école avec qui il fait les quatre cents coups. Malgré tout, Akihiro est un enfant qui a besoin de l’amour de sa mère et les visites trop peu fréquentes de celle-ci pèse à son moral.

Ce manga est différent des autres manga que j’ai lus car il décrit une époque que nous, jeunes d’après-guerre, ne connaissons pas. C’est un Japon d’après-guerre qui essaie de se reconstruire et on voit apparaître des sujets graves abordés tels que la maladie due à la bombe atomique, la mort (le décès du père d’Akihiro), la pauvreté.

C’est une époque où certains éléments de la vie quotidienne qu’on trouve basique sont rares car assez chers. De nos jours, tous les foyers ont une télévision. A leur époque, une télévision ou une machine à laver relèvent du luxe et seules les familles aisées (telle que la famille de Tanuma) ont la possibilité d’acquérir ces « objets » de luxe. Cela devient souvent des objets d’envie pour Akihiro qui est le plus souvent ramené à la réalité par sa mamie.

Ce manga est attachant car il dépeint une société avec des personnages  issus de toutes classes sociales et atypiques à la fois. On peut compter parmi eux le personnage le plus médiatique de la série en la personne de la grand-mère de Nanri, surnommée « Tome-Aux-Oreilles-infernales » par le village. Sage-femme de son état, elle a accouché toutes les femmes du village et, par conséquent, est respectée par touts les habitants, du simple paysan au maire du village.

Les onze volumes se lisent facilement et on est vite transporté dans cette époque hors du temps.

Une vraie leçon de vie et de réflexion sur notre société actuelle.

Une sacrée mamie, Editions Delcourt, Volume 1 à 11, prix: 7,50€. Série complète